L’essentiel à retenir : une assistante maternelle agréée a droit à 5 semaines de congés payés par an, calculées sur la période de référence du 1er juin au 31 mai. L’indemnité de congés payés se calcule selon la méthode la plus favorable entre le maintien de salaire et le 1/10ème, et les dates se fixent toujours d’un commun accord entre la nourrice agréée et le particulier employeur, dans le respect de délais de prévenance précis.
Les congés payés assistantes maternelles obéissent à des règles bien spécifiques, différentes de celles d’un salarié classique. Une assistante maternelle agréée a droit à 2,5 jours ouvrables de congés par mois travaillé, soit 5 semaines sur une année complète. Le calcul de l’indemnité dépend ensuite de la méthode choisie (maintien de salaire ou 1/10ème), et les dates de départ doivent être négociées avec l’employeur, généralement avant le 1er mars de chaque année.
Sommaire
- Quels sont les droits aux congés payés d’une assistante maternelle ?
- Comment l’assistante maternelle acquiert-elle ses congés payés ?
- Combien de jours de congés payés annuels sont dus ?
- Comment calculer l’indemnité de congés payés ?
- Comment fixer les dates de congés payés de l’assistante maternelle ?
- Congés de fractionnement et cas particuliers
- Erreurs fréquentes et questions pratiques
| Aspect | Détail |
|---|---|
| Durée des congés | 5 semaines par an, soit 2,5 jours ouvrables par mois travaillé |
| Période de référence | Du 1er juin de l’année N-1 au 31 mai de l’année N |
| Méthode de calcul | La plus favorable entre maintien de salaire et 1/10ème |
| Fixation des dates | Accord entre employeur et salarié, avec délai de prévenance |
| Congés de fractionnement | Jours supplémentaires possibles si congés pris hors période légale |
| Mention obligatoire | Indemnité détaillée sur le bulletin de salaire |
Quels sont les droits aux congés payés d’une assistante maternelle ?
Le cadre légal applicable (Code du travail et convention collective)
Les congés payés assistantes maternelles sont encadrés à la fois par le Code du travail et par la convention collective nationale des assistants maternels du particulier employeur. Ce texte précise les règles propres à cette profession, qui diffèrent sur certains points du droit commun, notamment sur le mode de calcul de l’indemnité.
Le contrat de travail assistante maternelle doit mentionner ces droits, même si la loi s’applique de toute façon, contrat écrit ou non. Franchement, beaucoup de parents employeurs l’ignorent encore et improvisent les congés au fil de l’année, ce qui crée souvent des tensions évitables.
Un droit acquis dès le premier jour de travail
Contrairement à une idée reçue, il n’existe aucune condition d’ancienneté pour ouvrir droit aux congés payés. Dès le premier jour d’accueil de l’enfant, l’assistante maternelle commence à acquérir des jours de repos payés.
Ce droit s’applique que le contrat soit à temps plein, à temps partiel, ou même pour un accueil périscolaire de quelques heures par semaine. La nourrice agréée cumule ses droits proportionnellement au temps réellement travaillé, peu importe le nombre d’enfants gardés ou le nombre d’employeurs.
« Le droit aux congés payés n’attend pas : il se construit mois après mois, dès la première journée de garde. »

Comment l’assistante maternelle acquiert-elle ses congés payés ?
La période de référence du 1er juin au 31 mai
C’est sans doute le point le plus mal compris par les familles : la période de référence des congés payés ne suit pas l’année civile. Elle court du 1er juin d’une année au 31 mai de l’année suivante, pour tous les salariés relevant de cette convention collective.
Concrètement, les jours de congés acquis entre juin 2025 et mai 2026 doivent être posés entre le 1er mai 2026 et le 31 mai 2027 (période de prise). Ce décalage surprend souvent les nouveaux employeurs, qui pensent à tort en année scolaire ou en année civile.
Le calcul de 2,5 jours ouvrables par mois travaillé
Chaque mois complet de travail effectif ouvre droit à 2,5 jours ouvrables de congés payés. Sur une année complète, cela donne logiquement 30 jours ouvrables, soit 5 semaines.
Un mois est considéré comme complet dès lors que l’assistante maternelle a travaillé au moins 4 semaines ou 24 jours durant ce mois, selon les règles habituelles. En cas de contrat démarré en cours d’année, le calcul se fait au prorata du temps réellement travaillé sur la période.
- 1 mois travaillé = 2,5 jours ouvrables acquis
- 6 mois travaillés = 15 jours ouvrables acquis
- 12 mois travaillés = 30 jours ouvrables acquis (5 semaines)
- Contrat démarré en septembre = calcul proportionnel jusqu’au 31 mai suivant

Combien de jours de congés payés annuels sont dus ?
Les 5 semaines de congés payés, un droit irrévocable
Une assistante maternelle qui a travaillé toute l’année sur la période de référence a droit à 5 semaines de congés payés, un point non négociable. Ce droit ne peut pas être remplacé par une compensation financière, sauf en cas de rupture du contrat de travail assistante maternelle en cours d’année.
Ces 5 semaines se répartissent généralement en 4 semaines l’été et 1 semaine supplémentaire à prendre en dehors de la période estivale, souvent en complément des vacances scolaires.
Différence entre année de 47 semaines et année de 46 semaines ou moins
Beaucoup de contrats d’assistante maternelle sont établis sur la base de 47 semaines d’accueil annuel, ce qui correspond à l’année complète moins les 5 semaines de congés. Mais certains contrats prévoient 46 semaines ou moins, notamment lorsque l’employeur prend plus de congés sans solde ou que l’accueil est partiel sur l’année.
Dans ce cas, le nombre de jours de congés payés reste identique (2,5 jours par mois travaillé), mais la rémunération mensuelle lissée doit être recalculée en conséquence. C’est un point fréquent d’erreur sur le bulletin de salaire, donc mieux vaut vérifier chaque année la cohérence entre le nombre de semaines contractuelles et le salaire mensualisé.

Comment calculer l’indemnité de congés payés ?
La méthode du maintien de salaire
Cette méthode consiste à verser à l’assistante maternelle le salaire qu’elle aurait perçu si elle avait continué à travailler pendant ses congés. C’est le mode de calcul le plus simple à appliquer : il suffit de maintenir le salaire mensuel habituel, sans calcul supplémentaire.
Pour un contrat à salaire lissé sur l’année, cette méthode revient à ne rien changer au montant versé pendant les semaines de congés.
La méthode du 1/10ème de la rémunération annuelle
La seconde méthode consiste à prendre 1/10ème de la rémunération brute totale perçue pendant toute la période de référence, puis à répartir ce montant sur les jours de congés pris. Ce calcul du 1/10ème avantage souvent les assistantes maternelles ayant connu des mois avec beaucoup d’heures complémentaires ou majorées.
Concrètement, si la rémunération brute annuelle atteint 18 000 euros (exemple d’illustration), l’indemnité totale de congés payés représenterait 1 800 euros sur l’année, à répartir selon les jours effectivement posés.
Quelle méthode retenir en cas de doute ?
La règle est simple sur le papier : l’employeur doit comparer les deux méthodes et appliquer celle qui est la plus favorable à la salariée. En pratique, mieux vaut faire le calcul chaque fois qu’un congé est posé, car le résultat peut varier d’une période à l’autre selon les heures travaillées.
Point clé : l’indemnité de congés payés la plus avantageuse doit toujours apparaître clairement sur le bulletin de salaire, avec le détail du mode de calcul retenu. Pajemploi propose d’ailleurs un simulateur sur pajemploi.urssaf.fr pour vérifier ces montants.

Comment fixer les dates de congés payés de l’assistante maternelle ?
Qui décide des dates : employeur ou salarié ?
C’est l’employeur qui fixe officiellement les dates de congés, mais dans la pratique, pour une garde d’enfant, cette décision se prend presque toujours d’un commun accord. Après tout, l’assistante maternelle gère souvent plusieurs enfants de familles différentes, et il faut coordonner les disponibilités de chacun.
Ce que j’observe souvent chez les parents employeurs, c’est une vraie volonté de dialoguer dès le mois de janvier pour éviter les mauvaises surprises en été.
Délais de prévenance à respecter
La convention collective impose un délai minimum : l’employeur doit informer la salariée de ses dates de congés au moins un mois à l’avance, idéalement avant le 1er mars pour les congés d’été. Ce délai permet à l’assistante maternelle d’organiser sa propre vie de famille et, le cas échéant, de refuser d’autres accueils sur cette période.
Pour anticiper sereinement cette organisation annuelle, beaucoup de familles consultent des ressources comme notre guide pour choisir sa nounou, qui aborde aussi la gestion du planning annuel. Un bon point de départ également avant de s’engager : comparer crèche ou nounou selon le mode de garde souhaité.
Congés de fractionnement et cas particuliers
Le principe des congés de fractionnement
Quand une partie des congés payés est prise en dehors de la période légale (habituellement du 1er mai au 31 octobre), des congés de fractionnement supplémentaires peuvent être dus. Concrètement, si l’assistante maternelle pose une partie de son congé principal en dehors de cette fenêtre, elle peut avoir droit à 1 ou 2 jours de repos en plus.
Ce mécanisme existe pour compenser le fait de ne pas profiter pleinement de la période estivale, mais son application reste encadrée par la convention collective et dépend souvent d’un accord entre les parties.
Congés anticipés et rupture de contrat en cours d’année
Une assistante maternelle peut, dans certains cas, poser des congés avant même de les avoir totalement acquis, avec l’accord de l’employeur. Attention toutefois : cela crée une avance sur droits qui devra être régularisée par la suite.
En cas de rupture du contrat de travail assistante maternelle, tous les jours de congés acquis mais non pris doivent être indemnisés dans le solde de tout compte, sous forme d’indemnité compensatrice. C’est un point à vérifier systématiquement, notamment lors d’une reprise du travail après un congé parental, où le changement de mode de garde entraîne souvent la fin d’un contrat en cours.
Erreurs fréquentes et questions pratiques sur les congés payés
Les pièges à éviter côté employeur
L’erreur la plus courante ? Oublier de faire figurer le détail de l’indemnité sur le bulletin de salaire, ou confondre congés payés et jours fériés. Autre piège classique : imposer unilatéralement des dates sans respecter le délai de prévenance, ce qui peut être contesté par la salariée.
Voici les points à vérifier systématiquement chaque année :
- Le bon décompte de la période de référence (1er juin au 31 mai)
- La comparaison entre maintien de salaire et calcul du 1/10ème
- Le respect du délai de prévenance avant la pose des congés
- La mention claire de l’indemnité sur chaque bulletin de salaire concerné
- Le solde de tout compte en cas de rupture de contrat
Foire aux questions
Pour aller plus loin dans l’organisation de la vie de famille autour de ces questions administratives, consultez aussi notre guide du budget familial ou notre annuaire des maisons d’assistants maternels pour trouver un mode de garde adapté. Et si vous planifiez déjà les vacances en famille autour des congés de votre nounou, notre guide des vacances en famille peut vous aider à organiser tout ça sans stress.
Chiffres clés
- Une assistante maternelle acquiert 2,5 jours ouvrables de congés payés par mois travaillé, soit 30 jours ouvrables sur une année complète.
- La période de référence court du 1er juin au 31 mai, un décalage encore mal connu de nombreux parents employeurs.
- Les contrats sont généralement établis sur une base de 47 semaines d’accueil annuel (52 semaines moins les 5 semaines de congés).
- Le délai de prévenance minimal pour fixer les dates de congés est généralement d’un mois avant la prise effective.
FAQ
Une assistante maternelle peut-elle refuser les dates de congés imposées par l’employeur ?
Oui, si le délai de prévenance n’a pas été respecté ou si les dates n’ont pas fait l’objet d’un accord préalable. Dans la pratique, les deux parties ont intérêt à se mettre d’accord bien en amont pour éviter tout litige.
Les congés payés sont-ils dus même pour un accueil périscolaire de quelques heures ?
Oui, le droit aux congés payés assistantes maternelles s’applique proportionnellement au temps travaillé, quel que soit le nombre d’heures hebdomadaires. Un accueil de 10 heures par semaine ouvre des droits, calculés au prorata, comme pour un temps plein.
Que se passe-t-il si l’employeur ne verse pas l’indemnité de congés payés ?
L’assistante maternelle peut réclamer les sommes dues, y compris rétroactivement sur plusieurs années en cas d’oubli répété. Un contrôle Urssaf ou une saisine des prud’hommes reste possible en cas de litige persistant, mieux vaut donc régulariser rapidement la situation.
Peut-on cumuler congés payés et congés sans solde la même année ?
Oui, rien n’empêche de poser des congés sans solde en plus des 5 semaines de congés payés, à condition que les deux parties soient d’accord. Cela n’affecte pas le calcul des droits acquis, mais réduit la rémunération mensuelle lissée sur la période concernée.
Où trouver des informations officielles sur ces règles ?
Le site service-public.fr détaille les droits applicables aux particuliers employeurs et à leurs salariés, convention collective comprise (conditions susceptibles d’évoluer, à vérifier sur le site officiel). C’est une bonne référence à consulter chaque année, en complément d’un éventuel conseil auprès de la Fepem ou d’un syndicat professionnel.